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Fantasia sur la plage d’Essaouira

Étymologie

Quel drôle de nom pour un spectacle mettant en scène des hommes , des chevaux et des fusils !

Au Maghreb , c’est “ laab el baroud ” ( jeu de poudre ) ou “laab el-kheil ” ( jeu de chevaux ) et ensuite c’est devenu fantasia pour les occidentaux .Mais l’origine de ce mot ‘fantasia’ est toujours controversée.Pour certains , ce terme vient du grec, du latin et de l’italien ‘phantasia’ (spectacle imaginaire ) ,pour d’autres de l’espagnol et enfin de l’arabe signifiant arrogance,panache.

L’origine exacte de ce mot n’est toujours pas unanimement reconnue.

Historique

A l’origine , la fantasia est une représentation des batailles  des armées arabes ,des techniques de combat par harcèlement :

  • les cavaliers foncent sur l’ennemi en poussant des cris
  • ils tirent
  • puis font demi -tour
  • repartent au galop
  • rechargent leurs armes
  • et reviennent à l’assaut

Ces spectacles ont été connus des occidentaux dès le XVIème siècle .Mais c’est au XIXème siècle(1832) que Eugène Delacroix accompagnant le comte de Mornay dans son ambassade auprès du chef chérifien du Maroc,immortalise ces scènes de “Fantasia ou Jeu de la poudre ” dans ces tableaux .

La mode de l’époque fut alors l’orientalisme et d’autres artistes composeront d’autres tableaux de fantasia (Eugène Fromentin ..)

Fantasia ou Jeu de la poudre devant la porte d’entée de la ville de Méquinez (Meknes ) par Eugène Delacroix  (1832 )

Le spectacle aujourd’hui

De nos jours, la Fantasia ,spectacle haut en couleurs , est profondément ancrée dans le patrimoine culturel marocain.C’est une des manifestations collectives les plus vivaces du royaume du Maroc (surtout dans les zones rurales berbères) et elle est aussi particulièrement apprécié de tous les touristes.

On compte plus de 500 troupes ( soit plus de 10 000 chevaux ! ) qui participent à ces concours à l’occasion des fêtes traditionnelles ( moussem ) ou même familiales (mariages,naissances..) ;La fantasia constitue souvent le point culminant de la fête . Il existe même maintenant  quelques troupes de femmes qui participent elles aussi à ces concours !

Ce spectacle équestre fascinant , symbole de la virtuosité guerrière , obéit encore aujourd’hui à des règles précises ,définies par la Fédération Royale Marocaine de sports équestres .

Sur un terrain d’environ 200 mètres de long ,des troupes de 5 à 20 cavaliers :

  • se présentent au départ du parcours
  • au cri de départ, ils s’élancent au galop
  • au deuxième cri , ils se lèvent , mettent leurs fusils enjoue et foncent encore
  • le troisième cri est le signal du tir ; tous doivent tirer en même temps à l’extrémité du parcours
  • fin de la course et retour dans le calme au point de départ
  • départ de la troupe suivante

Le respect de l’enchaînement  , la cohésion de la troupe et la simultanéité des tirs ( le ‘baroud’ ) sont les critères essentiels de ce concours de Fantasia ;

Pour cette représentation , tous les chevaux sont richement harnachés avec des selles souvent brodées.Les cavaliers sont vêtus de blanc munis de moukkala (fusil à poudre noire de petit calibre à très long canon aux crosses finement ciselées et souvent incrustées de nacre ou d’ivoire.

photos :

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